La vie du Tsadik Hagaon Rabbi Yts'hak Abi’hssira zatsal
Né le 23 Eloul 5655 (12 septembre 1895) à Rissani, dans la région marocaine du Tafilalet, Rabbi Yts'hak Abi'hssira était le fils du rabbin Massoud Abi'hssira et le petit-fils du vénéré Abir Yaakov, grand Sage auquel son père succéda comme Roch Yéchiva. À l'image de ses frères aînés, Rabbi Israël, qui deviendra le célèbre Baba Salé, et Rabbi David, il se consacra avec ferveur à l'étude de la Torah. Malgré la perte précoce de son père alors qu'il n'avait que 13 ans, il persévéra dans la voie tracée par ses ancêtres avec une détermination remarquable.
En 1920, les persécutions contre les Juifs dans le Tafilalet et le tragique assassinat de leur frère aîné Rabbi David par les autorités marocaines poussent rabbi Yts'hak et son frère Sidna Baba Salé zt’l à trouver refuge à Boudnib. Si quelques années de répit leur sont accordées, le climat politique se dégrade à nouveau, les contraignant à un nouvel exode. Entre-temps, Rabbi Yts'hak a épousé Esther, la fille de son défunt frère Rabbi David zt"l. En 1936, il s'établit avec sa famille à Arfoud, alors sous administration française, où il prend la direction de la communauté juive. Neuf ans plus tard, en 1945, il quitte le Maroc pour s'installer à Oran, en Algérie.
Durant toutes ces années passées au Maroc et en Algérie, Baba ‘Haki joue un rôle fondamental dans le développement et le renforcement des institutions juives. Son engagement se manifeste particulièrement dans la création d'écoles religieuses, d’associations caritatives et de lieux d'étude, œuvrant sans relâche pour préserver la Torah et transmettre la tradition séfarade.
Baba ‘Haki en Erets Israël
En 1948, à la naissance de l'État d'Israël, Rabbi Yts'hak émigre avec sa famille et s'établit initialement dans un camp de transit à Guivat Olga. Informé de son arrivée, le Grand Rabbin Ben-Zion Méir 'Hai Ouziel lui rend visite et lui propose d'assumer la fonction de Grand Rabbin des villes de Ramlé et Lod. Pendant près de deux décennies, il exercera cette charge avec intégrité et compassion, travaillant en harmonie avec les Rabbins ashkénazes de ces villes pour y diffuser la Torah.
Son influence grandissante le mène à rejoindre le Conseil du Grand Rabbinat d'Israël et à présider l'Organisation des Rabbins séfarades et des communautés orientales en Israël, une institution fondée par le Grand Rabbin Yts'hak Nissim. En 1959, lors des violentes émeutes de Wadi Saleb, un quartier de Haifa, où la population proteste contre la discrimination des Séfarades et la politique du parti MAPAI alors au pouvoir, Baba 'Haki se distingue comme le seul représentant originaire d'Afrique du Nord à être sollicité pour intégrer la cellule de crise chargée d'enquêter sur ces événements.
Baba ‘Haki fervent sioniste
Rabbi Yts'hak Abi'hssira se distinguait par ses convictions sionistes profondes, évoquant régulièrement dans ses enseignements que la renaissance de l'État juif marquait les prémices de la Guéoula. Après la victoire de la Guerre des Six Jours, il fut l'un des premiers à préconiser la récitation du Hallel et la lecture de la Torah, accompagnées de bénédictions, pour commémorer le Jour de Jérusalem.
Sa vision progressiste se manifestait également dans son approche du Jour de l'Indépendance, qu'il célébrait comme une véritable fête religieuse, recommandant la lecture du Hallel et la bénédiction de Chéhé'héyanou. Faisant preuve de souplesse dans l'application de la loi juive, il autorisait le rasage et la coupe de cheveux durant la période du Omer pour cette occasion, laissant chacun libre de suivre son ressenti. Dans le même esprit d'ouverture, il soutenait le Heter mé'hira, permettant la vente symbolique des terres pendant les années de Chmita.
Un épisode particulièrement révélateur de son attachement à Israël survint lorsque éclata la Guerre des Six Jours. Son fils aîné Aharon, qui se trouvait alors à l'étranger, rentra précipitamment pour s'engager dans l'armée. Face aux larmes de son épouse, inquiète de voir partir leur fils au combat, Baba 'Haki, qui avait alors près de 60 ans, déclara avec force : "S'ils m'acceptaient, moi aussi, je me serais enrôlé !
Un Tsadik aimé de tous
Baba 'Haki incarnait les vertus exemplaires d'Aharon Hacohen et d'Hillel le Sage, se distinguant par sa patience infinie, sa douceur naturelle, sa grande générosité, son esprit de conciliation et son humilité profonde. Son rayonnement dépassait largement les frontières des cercles religieux : il s'imposa comme une figure spirituelle majeure en Israël, devenant un véritable phare pour les Juifs originaires du Maghreb. Sa personnalité remarquable lui valut l'affection universelle, transcendant les clivages entre religieux et laïcs, séfarades et ashkénazes - la marque distinctive d'un authentique Tsadik. Durant sa vie, Baba 'Haki fut comparé aux plus grands Justes. Un témoignage particulièrement émouvant de sa grandeur nous est parvenu à travers le poème composé de son vivant par Rabbi David Bouzaglo, célèbre chantre du judaïsme marocain.
Le poète lui rend un hommage magnifique. Tout au long des vers et du refrain, il établit un parallèle bouleversant avec le sacrifice d’Isaac, citant le verset : "Ton fils unique, celui que tu aimes, Yts'hak". Cette comparaison illustre la stature spirituelle exceptionnelle de Baba ‘Haki, un homme entièrement dévoué à son peuple et à son Créateur.
Une tragédie qui bouleverse le peuple d’Israël
Le 25 Adar Bet 5730 (1970), un drame frappa le peuple juif : Baba ‘Haki perdit la vie dans un accident de voiture au carrefour Guivati, alors qu’il rentrait d’une visite à son frère, Baba Salé, à Netivot. Cette perte soudaine plongea ses disciples et ses proches dans une immense douleur.
Ses funérailles à Ramlé comptèrent parmi les plus importantes qu'Israël ait connues à l'époque, rassemblant une foule de 20 000 personnes, dont le président de l'État Zalman Shazar et les Grands Rabbins d'Israël. Des milliers de personnes, anéanties par le chagrin, vinrent lui rendre un dernier hommage, témoignant ainsi de l’amour et de la vénération qu’il inspirait.
Le Rav Ovadia Yossef zt"l rapporta plus tard les confidences bouleversantes de Baba Salé zt"l, expliquant ses pleurs incessants durant les trente jours suivant la disparition de son frère bien-aimé : “Rabbi Yts’hak était un homme de paix et de réconciliation, qui avait sauvé des dizaines de couples et résolu de nombreux conflits. Je l'avais appelé à l'aide pour mes voisins, dont les disputes quotidiennes menaçaient le chalom bayit. C'est pour répondre à ma demande qu'il était venu ce jour-là à Nétivot. Les querelles incessantes de mes voisins m'exaspéraient tellement que je l'avais supplié d'intervenir. J'étais inconsolable, me sentant responsable de sa mort. Le 31ᵉ jour après son départ, il m'apparut en rêve : rayonnant, depuis le Gan Eden, il me pria de cesser mes pleurs, m'assurant que tout ceci était la volonté divine et pour le bien..."
Rabbi Yts’hak Abi’hssira : Homme de miracles et de bonté
Baba 'Haki incarnait l'essence même du Tsadik, alliant une sagesse infinie à une bonté sans limites. Sa porte demeurait toujours ouverte, accueillant avec générosité les nécessiteux et prodiguant ses conseils précieux et son soutien à tous. Cette grandeur d'âme exceptionnelle, alliée à sa simplicité et son authenticité, lui valut l'amour et la vénération de milliers de fidèles qui trouvaient en lui bien plus qu’un simple Rabbin. Tout au long de son existence, Rabbi Yts'hak zt"l se distingua par ses dons extraordinaires, la force de ses prières et les nombreux récits de ses interventions miraculeuses sont reconnus.
Son souvenir reste vivant chez tous ceux qui l'ont connu, et ses enseignements continuent de résonner auprès des nouvelles générations. Sa droiture, sa générosité et sa sagesse font de lui une figure éternelle du judaïsme.
Que sa mémoire continue d'inspirer et d'éclairer le peuple d'Israël et son mérite demeurer une source intarissable de bénédictions.
Tsidkat-Eliaou marquera ce jour par une journée d’étude au Kollel Chaaré Nissim situé dans la synagogue Baba Salé - Chaaré Nissim de Jérusalem.
À l'occasion de la Hiloula de ce grand Tsadik, Tsidkat-Eliaou vous invite à allumer une veilleuse, à sa sainte mémoire, à lire quelques psaumes de Téhilim (si possible ) et à prier pour le Am Israël !
Puis, récitez la formule ci-après :
Zékhouto taguen alénou véal kol Israël, Amen.
Le Tsadik priera pour vous.
Vous pouvez également associer vos prières à la noble et grande mitsva de la Tsédaka et nos Rabbanim vous bénirons dans la synagogue Baba Salé - Chaaré Nissim de Jérusalem.
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Prochaines dates de la Hiloula de Rabbi Yts'hak Abi’hssira zatsal
2025 ► 25 mars
2026 ► 14 mars
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Paru au Journal Officiel du 01/1990
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